Need for speed

Quel est le potentiel de vitesse de votre bateau ?

La croissance du motonautisme se poursuit, comme en témoigne l’espace important qui lui est réservé depuis quelques années au Nautique. 
Le motonautisme est parfois considéré par les voileux comme l’automobile des mers, une activité décérébrée, bruyante et polluante. Nous allons leur démontrer, à travers les quelques lignes qui suivent, qu’il n’est pas sans complexité. 

A ce sujet, le magazine Professional Boatbuilder publie, dans son numéro d’octobre 2017, un article fort intéressant concernant l’estimation du potentiel de vitesse des bateaux à moteur. La formule de Crouch, qu’utilise le célèbre architecte naval Lorne Campbell, bien connu pour ses coques planantes dans le monde Anglo-Saxon, est la suivante :

le formule de Crouch

Où C est une constante dépendant de la forme de la coque du bateau – et également de sa longueur – , V est la vitesse du bateau, P est la puissance du moteur, et W est la masse du bateau tout équipé, équipage inclus (déplacement en charge?).

Comment interpréter cette formule ?

Le magazine reprend longuement les explications données par Lorne Campbell lors d’une conférence dans le cadre du High Speed Boat Operations Forum. Ce que doit en retenir un motoriste intéressé d’aller plus vite ou d’optimiser son bateau se résume à :
– La formule ne s’applique qu’aux coques planantes. Pour les coques à déplacement, des formules de vitesse différentes s’appliquent (avec un paramètre bien connu en fonction de la racine carrée de la longueur de flottaison).
– Le paramètre C est constant pour une forme de coque et des dimensions bien définies. On peut faire des prédictions, extrapolations, pour des dimensions ou des formes voisines, mais sans garantie.
– Ceci étant dit, pour un bateau donné, la vitesse atteignable est proportionnelle à la racine carrée de la puissance du moteur et inversement proportionnelle à la racine carrée du déplacement du bateau

Cas pratiques

Quel gain en vitesse de pointe ?

Imaginons que : 
– vous soyez l’heureux propriétaire d’un pneumatique semi-rigide, 
– doté d’un moteur de 120 CV, 
– pesant tout équipé, avec quatre personnes à bord, 700kg. 
Supposons que, dans ces conditions, votre vitesse de pointe soit de 35 noeuds. Votre revendeur préféré vous contacte pour vous proposer le même modèle avec une coque composite, qui permet un gain de poids de 80kg. Quel va être votre gain en vitesse de pointe ?
– 80kg, cela fait un gain de poids d’environ 15%
– le gain de vitesse sera donc d’environ 7% soit  2,5 noeuds

Si on oublie les gains en rigidité de l’ensemble qui peuvent améliorer le comportement à la mer, votre vitesse de pointe sera de 37,5 noeuds contre 35 noeuds auparavant… ce n’est pas la révolution de ce côté-là.

Quelle motorisation choisir ?

Imaginons que vous soyez sur le point d’acheter une coque open pour aller à la pêche :
– la vitesse de croisière du bateau est de 15 noeuds
– le bateau, équipé, équipage compris, fait environ deux tonnes
– avec une motorisation de 250CV, la vitesse de pointe est de 28 noeuds

Quelle est la puissance nécessaire pour tenir la vitesse de croisière de 15 noeuds ?
Les données ci-dessus nous permettent de réaliser très simplement une estimation. La puissance nécessaire pour 15 noeuds est de 250*carré(15/28), soit environ 70CV.

Quelle est la charge maximale admissible pour naviguer déjauger ?

J’ai longtemps navigué – et il m’arrive encore de naviguer – sur une « sécu de plage » de quatre mètres cinquante de longueur, équipée d’un moteur hors bord deux temps vingt cinq chevaux barre franche. La vitesse de pointe, seul à bord était d’environ 17 noeuds, pour une masse, pilote compris, de 250kg environ. La vitesse minimale déjaugée était d’environ 11 noeuds.

Question : combien de passagers de 70 kg pouvais-je embarquer tout en gardant ma capacité de déjauger ?
Ma charge maximale pour atteindre 11 noeuds était d’environ 250 x carré(17/11) soit 597kg ce qui fait une charge de 350kg soit cinq personnes + le pilote.

En conclusion

– Quand vous doublez la puissance moteur à déplacement constant, vous multipliez la vitesse de pointe par environ 1,4.
– Quand vous doublez le déplacement (le poids de l’ensemble), il faut doubler la puissance moteur
– Si votre vitesse de pointe est de 40 noeuds et que vous acceptez de naviguer à 20 noeuds seulement, vous pouvez théoriquement emporter une charge quatre fois plus grande! Mais il faudra probablement mettre une hélice adaptée à ce nouvel usage. Nous en reparlerons dans un prochain blog.
Il s’agit bien sûr d’une formule approximative. Les résultats doivent donc être interprétés avec prudence. Ils donnent une première vision intuitive des choix possibles en terme de chargement, de motorisation et de vitesse.

Nous vous souhaitons de belles navigations et à bientôt,

l’équipe de mynoteboat.

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